Un conduit de cheminée est un tube de plusieurs mètres dont on ne voit, depuis le foyer, que les premiers centimètres. Tout le reste — les coudes, les jonctions, la partie qui traverse les combles, la sortie au-dessus du toit — échappe à l'œil. La caméra d'inspection va y voir.
La sonde descend ou monte dans le conduit et renvoie une image en direct sur un écran. Ce qu'elle révèle se range en quelques familles. Les fissures d'abord : une brique éclatée, un joint de mortier ouvert, une gaine métallique percée. Une fissure met en communication le conduit avec la structure de la maison, et c'est le scénario qui transforme un feu de cheminée en incendie de bâtiment. Les obstructions ensuite : nids d'oiseaux ou d'écureuils, briques tombées, chapeau effondré, débris de construction. Les défauts de montage enfin, dans les installations anciennes ou modifiées : raccordement mal emboîté, conduit partagé entre deux appareils, absence de gaine là où il en faudrait une.
L'inspection par caméra s'impose dans plusieurs situations. Après un feu de cheminée, toujours — une flambée dans le conduit peut fissurer une gaine sans que rien ne se voie d'en bas. Avant l'installation d'un nouvel appareil, pour confirmer que le conduit existant lui convient. Après l'achat d'une maison dont on ignore l'historique de chauffage. Et quand un comportement anormal persiste — refoulement, odeur, tirage irrégulier — sans cause visible.
Vous repartez avec les images. Ce n'est pas un détail : une inspection dont vous n'avez que la conclusion vous demande de nous croire sur parole, alors qu'une inspection documentée vous laisse comparer l'état du conduit d'une année à l'autre, et étayer un dossier auprès d'un assureur ou d'un vendeur. Une fissure photographiée en mars et retrouvée agrandie l'hiver suivant ne se discute plus : elle se mesure.